PSE DE L’USINE D’INCINERATION DE BOURGOIN-JALLIEU (38)

Contexte et genèse de la démarche

Dans le cadre de la révision du plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés du Rhône, le Conseil Général de l’Isère (CGI) a initié en 2006 une réflexion afin de mettre en place une politique de surveillance des installations d’incinération. Cette initiative visait également à alimenter le futur observatoire départemental avec des données précises et fiables.

La démarche a débuté par une expérimentation sur l’usine d’incinération de Bourgoin-Jallieu, avec l’adhésion des élus du SITOM Nord Isère et des associations locales. Le SITOM souhaitait notamment faire le bilan des prélèvements et analyses réalisés entre 2003 et 2005, dans le but d’élaborer un programme de surveillance cohérent et satisfaisant pour toutes les parties prenantes.

Mise en place d’une gouvernance et choix des partenaires

Un Comité de pilotage a été constitué, réunissant des élus du SITOM, des représentants associatifs, du Conseil Général, de l’État et des experts techniques. Le CGI et le SITOM ont sollicité la société Bio-Tox pour analyser et synthétiser les campagnes d’analyses effectuées entre 1999 et 2005, puis, en concertation avec le Comité de pilotage, proposer et mettre en œuvre un protocole de surveillance adapté à l’incinérateur de Bourgoin-Jallieu.

Des réunions de concertation ont rythmé l’année 2006, aboutissant à la validation d’un programme de surveillance présenté dans le rapport « CGI prog surv 240706-2 » du 24 juillet 2006.

Le programme de surveillance : principes et modalités

Le programme de surveillance retenu prévoit des prélèvements et analyses de dioxines et de métaux dans différents milieux et matrices : lichens, sols, herbes, mélanges de végétaux destinés à l’alimentation, et lait de vache. Ce choix vise à évaluer l’impact de l’incinérateur sur l’environnement et la chaîne alimentaire locale.

Actualisation et poursuite des travaux en 2024

En 2024, la société Bio-Tox a été reconduite par le SITOM Nord Isère pour poursuivre ce programme de suivi. Plusieurs actions concrètes ont été menées :

  • Prélèvements de lichens réalisés par la société Evinerude, permettant d’évaluer la bioaccumulation des polluants atmosphériques dans ces organismes sensibles.
  • Prélèvements d’air et installation de collecteurs de précipitations par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes (Atmo AURA), afin de mesurer les concentrations de polluants atmosphériques et leur dépôt via les précipitations.
  • Analyses en laboratoire confiées à CARSO et Micropolluant Technologies, garantissant la qualité et la fiabilité des résultats obtenus.

L’ensemble des résultats a été transmis à Bio-Tox, qui en a assuré la synthèse et l’interprétation, contribuant ainsi à l’amélioration continue du programme de surveillance et à l’information des acteurs locaux.

Conclusion

La démarche initiée depuis 2006 autour de l’incinérateur de Bourgoin-Jallieu illustre une volonté collective d’assurer une surveillance environnementale rigoureuse et transparente. En mobilisant élus, associations, experts et laboratoires spécialisés, le département vise à protéger la santé publique et l’environnement, tout en garantissant une information claire et accessible à l’ensemble des parties prenantes.